Suède 🇸🇪

La Suède soulagée mais difficilement gouvernable après les élections

Dimanche 9 septembre 2018 se tenaient les élections municipales, régionales et législatives en Suède. Contre toute attente, le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède n’a pas réussi la percée annoncée par les sondages. Au coude à coude à l’issue du scrutin, la gauche et la droite doivent maintenant jouer au jeu des alliances pour former un gouvernement.

La Suède se réveille secouée à l’issu des élections législatives. Le parti de gauche des Sociaux-démocrates remporte officiellement l’élection avec 28,4% des voix devant les Modérés de centre-droit (19,8%). Un résultat nuancé par la poussée de l’extrême droite. La gauche suédoise, qui n’était jamais descendue sous la barre symbolique des 30%, réalise son pire score depuis plus de cent ans. Le parti du Premier ministre sortant Stefan Lövfen, allié aux autres partis de gauche sous le nom des Rouges/Verts possède désormais 144 sièges sur les 349 disponibles au Riksdag, contre 143 pour l’Alliance, la coalition des partis de droite.

La fin du bipartisme

Aucune coalition ne possédant la majorité au parlement, les discussions s’engagent maintenant entre les huit partis suédois, alors que la gauche a déjà exclu de s’allier avec l’extrême droite. C’est une situation inédite qui a lieu en Suède, le parlement basculant habituellement d’un bloc à l’autre à chaque élection. Un fonctionnement quasi bipartisme qui est cette année troublé par la percée des Démocrates de Suède, arrivés en troisième place. Le bloc de gauche ne pourra plus compter sur le parti écologiste des Verts qui a peiné à décrocher les 4% de voix nécessaires pour rester sur les bancs du parlement. A l’inverse le parti d’extrême gauche des Communistes réalise un score plus important que prévu avec 9% des voix, et sera au cœur des discussions pour la formation du nouveau gouvernement.

Le Premier ministre sortant rempile donc pour 4 ans à la tête du pays. Il fait cependant face à la défiance de ses adversaires. Comme de nombreux journaux le rappellent ici, son bilan est très mitigé pour l’opinion publique. Elle fustige sa décision en 2014 d’ouvrir les frontières aux migrants, le pays avait alors accueilli 160 000 migrants en un an, avant de les refermer. Un sujet qui a été au cœur de la campagne, repris aussi bien par l’extrême droite que le parti de centre droit.

Les populistes ont la côte

Malgré la victoire de la gauche, c’est la montée en flèche de l’extrême droite qui retient l’attention. Les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite à l’héritage néo-nazi, a obtenu 17,6% des votes. Crédités de 20 à 25% selon les sondages à la veille de l’élection, les résultats sont plus faibles qu’annoncés mais ils confirment la tendance qui se dessine en Europe : la montée du populisme. Le troisième parti du pays est le seul à avoir gagné des électeurs lors du scrutin avec près de 5% de sympathisants en plus. Il se place maintenant comme un pivot, voire le premier parti d’opposition en cas d’une alliance entre la gauche et les modérés.

Restent cependant les 170 000 bulletins des Suédois à l’étranger à dépouiller. S’ils ne changeront pas l’issu du scrutin, ils feront la différence quant au nombre de sièges des deux blocs. Si la droite venait à dépasser les Rouges/Verts, il demanderait alors légitimement de former un gouvernement, rendant le pays impossible à gouverner.

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