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Le centenaire de la Grande Guerre : un tournant pour la paix

Un milliard d’obus tirés sur le sol français. Dix millions de morts dans les tranchées : l’Histoire est un enseignement; pourtant si on s’en tient au discours d’Emmanuel Macron, elle “menace parfois de reprendre son cours tragique”. Cent ans après l’armistice du 11 novembre 1918, le président français s’est exprimé au centre de la Place de l’Étoile (Paris). Devant de nombreux responsables étrangers, dont le président américain Donald Trump ou encore la chancelière allemande Angela Merkel, l’objectif affiché était de défendre une unité des peuples.

Au pied de l’Arc de Triomphe règne une attention particulière lorsque le chef de l’État commence son discours et met en garde contre les passions guerrières. Face à  la tombe du soldat inconnu, l’hommage rendu aux Poilus est lent et grave. Ce centenaire est avant tout l’occasion pour Macron de faire un parallèle avec la situation géopolitique actuelle. Il laisse donc place à un discours empli d’une volonté d’unité : “La leçon de la Grande Guerre est un enracinement qui oblige à penser à l’avenir et à penser à l’essentiel”. Le président français exhorte de bâtir la paix par, et pour, l’Europe. Romain Gary (Émile Ajar) disait : “Le patriotisme c’est l’amour des siens. Le nationalisme, c’est la haine des autres” et le président de la République en fait ici l’écho. En plus de se montrer acerbe avec l’obscurantisme contemporain, Macron prend soin de rappeler que le couple franco-allemand est bien le ciment d’une Europe qui doit perdurer.   

Le sommet de la paix …

Dans un contexte de remise en question de l’Union Européenne et après les récents déboires de la chancelière allemande Angela Merkel, force est de constater que les deux dirigeants cherchent à raviver le couple franco-allemand. La veille, ils se sont rendus à Rethondes, dans le wagon où fut signé l’armistice; une première pour un chancelier allemand depuis 1945. L’unité affichée s’est poursuivie avec la création d’un Forum sur la Paix. Angela Merkel a pris la parole pour inaugurer cette première édition. “Si le replis n’était pas une solution il y a 100 ans comment pourrait-il l’être aujourd’hui dans un monde aux interconnexions multiples ?”; des attaques à peine voilées au président américain.

La chancelière allemande Angela Merkel aux côtés du président de la République Emmanuel Macron

En effet, Donald Trump a boudé cette édition au profit de “l’America first” en se rendant au cimetière militaire américain de Suresnes (Hauts-de-Seine). Malgré la présence remarquée de Poutine et d’Erdogan, la communication ne semble pas être le premier soucis du 45ème président des États-Unis.

Macron se veut le garant la paix mondiale

Ce Forum sur la Paix marque le point d’orgue d’une semaine itinérante du président de la République à travers le Nord et l’Est de la France. L’objectif affiché par Emmanuel Macron est d’ailleurs de faire de la France un garant de la paix et de l’unité. En effet, si Davos a son Forum de l’économie, Paris a désormais celui de la paix. L’événement a avant tout été un moyen pour les fervents défenseurs d’une Europe unie de faire face à la menace populiste. Les élections européennes de mai 2019 seront un bon test pour celui qui se place désormais comme le leader d’une Europe en marche.

Léonard Cassette et Gabriel Bray

 

Credit photo à la une : US Embassy France

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