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A Lille, le carburant coûte cher, mais on a des idées

Les 24 et 25 novembre, Lille a connu son deuxième week-end de mobilisation. Les « gilets jaunes » ont manifesté dans les rues de la métropole, sur le centre commercial d’Englos ainsi qu’à Tourcoing, Gravelines et partout en France, contre l’augmentation des prix à la pompe. Pourtant, certains conducteurs ont décidé de voir cette hausse comme un moyen de changer leurs habitudes et faire un geste pour l’environnement.

 

1,425 pour le diesel. 1,566 pour le SP98. Les prix des carburants affichés à la station-service ne mentent pas. A Lille, comme partout en France, les prix à la pompe ont augmenté. La faute aux fluctuations du cours du pétrole (malgré une baisse depuis le 3 octobre, le prix du baril est en hausse quasi-constante depuis 2016) et aux taxes qui augmentent. Pour le gouvernement, un moyen de lutter contre le réchauffement climatique. Les voitures et les poids lourds représentent 22% des émissions de gaz à effet de serre en France. Ces hausses signifient une perte de pouvoir d’achat pour les automobilistes : prendre la voiture est devenu un véritable coût. Pour de nombreux Lillois, il faut trouver des solutions et des alternatives voire changer ses habitudes. Non seulement pour protéger leur portefeuille mais aussi pour agir et sauver notre planète.

Boulot, vélo, dodo

Sarah, 21 ans, n’a pas attendu la hausse des prix du carburant pour prendre de nouvelles résolutions. Malgré le froid qui arrive sur Lille, le vélo est devenu sa meilleure alternative : « J’ai pris un abonnement V’Lille en début d’année, pour mes courts trajets en ville ». Et la taxation des carburants l’a encouragé dans cette démarche : « Depuis la hausse des prix [des carburants], j’essaie de ne plus venir à la fac en voiture. J’augmente mes déplacements en vélo et je ne prends plus que le métro », ajoute-t-elle. Son utilisation de la voiture est devenue secondaire : « Je ne prends la voiture que quand je ne peux plus faire autrement ». Comme elle, beaucoup de Lillois ont décidé de laisser leur voiture au garage.

C’est le choix qu’a fait Emmanuelle, 44 ans. Cette commerciale, qui habite Lomme et travaille à Villeneuve d’Ascq, a fait le choix de ne plus utiliser sa voiture pour se rendre au travail : « Avant, je me rendais au boulot en voiture, comme beaucoup de mes collègues. Mais avec les prix de l’essence qui augmentent, j’ai choisi de prendre le métro, quitte à faire toute la ligne de bout en bout ». Pour aller de Saint Philibert à 4 Cantons avec un changement à Porte des Postes, Emmanuelle a dû s’organiser. « Je me lève plus tôt pour anticiper le temps passé dans le métro, mais j’ai enfin du temps pour avancer sur mes lectures ! », confie-t-elle, son livre à la main. Dans l’autre main, un vélo pliable, visiblement tout neuf. « J’ai acheté ce vélo l’année dernière, je ne m’en servais que très rarement. Mais depuis quelques semaines, je m’en sers tous les jours ! Je gagne du temps entre mon lieu de travail et la station [de métro] », explique Emmanuelle. Un bon moyen de ne pas utiliser sa voiture, l’ennemie de l’environnement sur les trajets courts.

Trajets partagés

Mais lorsqu’on ne peut pas faire autrement que prendre la voiture, certains automobilistes ont trouvé une alternative : le covoiturage. Collègues de bureau à Euratechnologie, Fabien, 28 ans et Reynald, 35 ans, ont choisi de partager leur voiture. « On travaille au même endroit et on habite à quelques kilomètres l’un de l’autre. On s’est dit que ça serait dommage d’y aller à deux voitures quand on voit les prix à la pompe ! », souligne Fabien. Alors qu’ils ne se connaissaient pas avant ce partage, les deux hommes se sont rapprochés. « On a commencé après à un échange autour de la machine à café. Je ne savais pas qu’il habitait à côté de chez moi, je lui ai donc proposé de covoiturer », explique Reynald, qui ajoute que « c’est agréable de ne pas toujours faire la route seul, ça nous permet de discuter, et pas seulement boulot ».

Une semaine sur l’autre, ils alternent leur passage au volant, ce qui leur a permis de diminuer leurs dépenses en carburant et participer à la protection de l’environnement. « Je ne sais pas combien d’économie ça me fait, mais c’est un vrai plus, pour mon budget et pour l’écologie. Et puis, même s’il y a des matins où l’on préfèrerait être seul car le réveil a été dur,  on est content de pouvoir parler de football ou d’autres sujets dans les bouchons », s’enthousiasme Fabien, visiblement heureux d’avoir fait la connaissance de son collègue et de faire un geste pour la planète.

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