Lituanie 🇱🇹

Le musée des victimes du génocide de Vilnius, un lieu plein d’histoire et d’émotions

Dans la plus importante artère de la ville, l’Avenue Gedimino, se cache un grand bâtiment blanc où sont gravés les noms des victimes du génocide de la Seconde Guerre mondiale. Un bel immeuble qui passe inaperçu quand on ne connaît pas son histoire. C’est l’ancien siège du KGB, réhabilité en musée.

Ouvert en 1992, ce vaste lieu retrace l’histoire de la Lituanie au XXème siècle entre la perte de l’indépendance, la lutte perpétuelle contre le régime soviétique et le combat acharné pour un état libre et indépendant. Le musée est unique par son ambiance et l’authenticité préservée des bâtiments.

L’unicité du musée, les prisons du KGB

Certaines pièces ont été recréées comme elles l’étaient à l’époque, les prisons par exemple ou encore le bureau du chef des agences de sécurité soviétiques. Au sous-sol se situent les cellules utilisées quelques années auparavant. Elles sont identiques. Une d’entre elles possède encore les 24 couches de peintures qui ont été utilisées pour recouvrir les murs, afin de cacher les mots écrits par les prisonniers sur les parois. Salles d’interrogatoire, de torture ou d’emprisonnement et « infirmeries » créent une atmosphère pesante. La chambre d’exécution reste la plus sordide, un escalier mène à un sol de verre, sous lequel se trouve des ossements et des objets confisqués aux prisonniers. La pièce est vide mais chargée d’émotions, avec un fond sonore oppressant le visiteur. Les hommes et femmes d’Eglise sont un des groupes qui a été les plus persécutés pendant l’occupation soviétique. Pour leur rendre hommage, le Pape François a offert ce présent au musée lors de sa visite dans les pays baltes le 23 septembre 2018

La Lituanie au XXème siècle

Deux expositions racontent l’histoire de la Lituanie du XXème siècle à nos jours. La première débute le 15 juin 1940, lorsque Moscou s’est approprié de nouveau les terres lituaniennes, piétinant l’indépendance obtenue en 1918. Dès lors, les déportations massives ont commencé. Par la suite, en se baladant dans le musée, c’est la guerre partisane qui est mise en avant. Entre 1944 et 1953, nombre de Lituaniens se sont battus pour le rétablissement de l’indépendance mais sans succès. En réponse à leurs comportements, le pouvoir s’est montré d’autant plus répressif. Le nombre de prisonniers politiques et de déportations a beaucoup augmenté pendant cette période. La deuxième exposition se concentre davantage sur le KGB. Deux périodes sont à distinguer dans l’histoire des pays de l’Europe de l’Est : avant et après la mort de Staline. Dès 1953, les conditions des prisonniers s’améliorent et les répressions s’allègent, le régime politique mis en place par Staline s’assouplit et le KGB est créé; c’est le  nom donné aux services de renseignements russes, issu de la dénomination Komitet Gossoudarstvennoï Bezopasnosti. À la chute de l’URSS, les Lituaniens ont souhaité conserver les lieux pour les réhabiliter afin de raconter et de ne pas oublier le passé.

 

 

Pertes des résidents lituaniens pendant les périodes d’occupation

SOUS L’OCCUPATION SOVIÉTIQUE

Du 15 juin 1940 au 22 juin 1941
Emprisonnés, tués, déportés : 23 000
Ceux qui ont péris en 1941 : 700

1944-1953
Arrêtés, emprisonnés : 186 000
Partisans et leurs sympathisants tués : 20 500
Morts dans les camps et les prisons : 20 000 – 25 000
Morts pendant la déportation : 28 000

1954 – 1986
Arrêtés et emprisonnés pour des raisons politiques : 1 000

En 1991, en défendant l’indépendance de la Lituanie
Péris : 23
Blessés : 900

SOUS L’OCCUPATION NAZIE

22 juin 1941 – juillet 1944
Emprisonnés, transportés dans des camps : 29 500
Tués : 240 000 (dont 200 000 Juifs)
Transportés de force dans des camps en Allemagne : 60 000
Forcés de quitter le pays et rapatriés en 1940 – 1941, 1944-1947 et 1957-1960
Lituaniens, Polonais, Allemands et Memellanders (habitants de la zone de Klaipeda) : 496 000

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