Corée du Sud 🇰🇷

Détournement de fonds et pots-de-vins : une habitude sud-coréenne ?

La Corée du Sud tire 80% de son PIB grâce à ses « Chaebols » — grands groupes industriels coréens … De quoi se demander si le développement économique fulgurant du pays, plus connu sous le nom de miracle sud-coréen, ne recèle pas une part d’ombre et d’entente entre dirigeants politiques et grands groupes industriels.

Entre les années 1960 et 2000, la Corée du Sud se développe de manière étincelante, et passe d’une économie agraire à une économie industrielle. Les IDE [investissements directs étrangers] et importations étrangères américaines, ont joué une part conséquente de cette croissance. À l’époque, le dirigeant Park Chung Hee mise sur les exportations pour assurer cette transition. Stratégie payante : entre 1962 et 1982 l’économie coréenne croît au rythme de 30% par an.

Une base entrepreneuriale se met alors en place dans le pays et devient un partenaire privilégié du gouvernement; à travers de nombreuses aides financières et avantages ayant pour but de favoriser le développement des fameux « Chaebols ». Outre le fait que le développement de ces conglomérats ait complètement asphyxié la mise en place d’une « start up nation » à la française, la culture collaborationniste entre grands groupes et dirigeants politiques s’est enracinée dans le système économique sud-coréen et plusieurs dirigeants s’y sont brûlés les ailes.

Politiques et grands groupes : trop proches ?

Le 6 mars, l’ancien dirigeant sud-coréen de 2008 à 2013, Lee Myung-bak, condamné à 15 ans de prison, a été libéré sous caution. Tout comme ses trois prédécesseurs toujours en vie, il avait été épinglé pour corruption après avoir été accusé de détournement de fonds. Il était également accusé d’avoir accepté des pots-de-vins à hauteur de 11 milliards de wons (8,6 millions d’euros) de la part de Samsung — qui représente 20% de l’économie sud-coréenne — dans le but d’accorder une grâce présidentielle à Lee Kun-hee, actuel PDG du géant du numérique, condamné pour évasion fiscale.

S’il clame la « vengeance politique », Lee Myung-bak échappe à la réclusion et aux amendes faramineuses imposées par justice coréenne pour des raisons de santé. L’ancienne présidente de 2013 à 2017, Park Geun-hye, avait été condamnée à 25 ans de prison et plusieurs millions d’euros d’amende suite à des faits similaires de corruption et d’abus de pouvoir.

Lutte anti-corruption

Depuis les années 1990, les affaires de corruption éclaboussent les ex-dirigeants sud-coréens. Une tendance à la fraude que plusieurs autres pays ont décidé de bannir; à l’instar du Pérou avec son référendum de décembre 2018. Cependant, en Corée du Sud, la question n’est pas d’interdire la réélection de certains politiques : il y a une nécessité de délimiter l’espace pro business et politique. Autrement, l’actuel président Moon Jae-in pourrait bien être le prochain sur la liste…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *