Corée du Sud 🇰🇷

La Cour constitutionnelle coréenne se prononce en faveur du droit à l’avortement

Le jeudi 11 avril restera une date importante pour les Coréennes; la Cour constitutionnelle s’est prononcée contre l’interdiction de l’IVG d’ici fin 2020 et impose désormais au gouvernement de revoir sa législation.

C’est l’un des derniers pays développés à interdire l’avortement. D’ici le 31 décembre 2020, il en sera autrement. La plus haute juridiction coréenne a en effet décrétée “anticonstitutionnel” l’interdiction de l’IVG. Dans un communiqué, la Cour constitutionnelle explique que « l’interdiction de l’avortement limite le droit des femmes à accomplir leur propre destin et viole leur droit à la santé en restreignant leur accès à des procédures sûres en temps opportun ». Cette décision, votée à 7 voix contre 2, impose désormais au gouvernement de réviser la loi de 1953. Destiné à protéger la vie et les valeurs traditionnelles, l’article 269 du code pénal donne lieux à des poursuites judiciaires envers les femmes et les médecins ayant recours à l’avortement — selon les chiffres de l’Institut gouvernemental pour la santé et les affaires sociales, en 2017, près de 50 000 avortements ont été pratiqués en Corée du Sud; dont 94% de manière illégale. Si il est autorisé depuis 1973 en cas de viol, d’inceste, ou de danger majeur pour la mère, les peines encourues vont de 1 an de réclusion et une amende —  d’un montant maximum de 2 millions de wons (1500 euros) —  pour les femmes se faisant avorter à deux ans de prison pour les praticiens.

©KIM CHUL-SOO

Victoire des militants

Les poursuites liées au non respect de la loi de 1953 sont rares et appliquées de manière arbitraires et se focalisent sur les jeunes femmes non mariées. Cependant, cette décision de la Cour est un grand pas pour la Corée du Sud. Depuis plusieurs années, des associations militent en faveur de la révision de la législation. Elles signalent que les coréennes les plus modestes peuvent avoir recours à des avortement réalisés dans de mauvaises conditions sanitaires et peuvent être victimes d’isolement social. La Cour a abondé en leur faveur en jugeant que : « les embryons dépendent complètement pour leur survie et leur développement du corps de la mère, ce qui fait qu’on ne peut conclure qu’ils sont des êtres vivants séparés et indépendants ayant un droit à la vie ».

A Séoul, la décision a donc provoqué une véritable vague de joie. Déjà étudiée en 2012, la question de l’interruption de grossesse s’était alors soldée par la conclusion que l’avortement « finirait par se généraliser » s’il n’est pas puni. C’est pourquoi, en ce 11 avril, de nombreuses femmes étaient rassemblées devant la Cour constitutionnelle pour fêter leur victoire sur un conservatisme coréen encore très influent; au travers de la société et des églises évangéliques.

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