Corée du Sud 🇰🇷

Brexit : accord de libre-échange en vue entre la Corée du Sud et le Royaume Uni

Lundi 10 juin la ministre coréenne du Commerce, Yoo Myung-hee, a annoncé la signature d’un accord préliminaire de libre échange entre Séoul et Londres. Cette déclaration d’intention intervient dans le cadre d’une stratégie britannique de conservation des avantages commerciaux acquis au sein de l’Union Européenne, dans l’éventualité d’une sortie de l’UE sans accord. 

Soucieuse de son futur commercial en cas de no-deal, la Grand Bretagne s’active pour assurer la pérennité de ses droits de négociations préférentiels obtenus depuis 1973, lors de son accès à la CEE – Communauté économique européenne – devenue l’UE en 1993. Liam Fox, le secrétaire au commerce international britannique, a donc parcouru les 8850 kilomètres qui séparent Londres de Séoul dans le but d’éviter toute potentielle perturbation économique lors de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. 

Ce futur arrangement liant la Corée du Sud et la Grande Bretagne vise à maintenir les mêmes termes que ceux de l’accord de libre-échange (ALE) mis en place en juillet 2011 entre l’UE et le pays du matin clame. Il permettrait donc aux entreprises britanniques de continuer à commercer librement en Corée, sans l’ajout de quelconque barrière au commerce. Son approbation et sa ratification doivent être validés par le Parlement coréen avant le 31 octobre prochain. Cette rapidité d’action en dit long sur la nécessité pour la Grande Bretagne d’agir promptement sous la pression d’une date de sortie de l’UE, elle aussi fixée au 31 octobre.

Pour cause, l’ALE de 2011, premier du genre avec un pays asiatique, est particulièrement juteux. De 2011 à 2012, soit un an après son entrée en vigueur, les exportations européennes avaient bondi de 16,2%, passant de 32,5 à 37,8 milliards d’euros. Une embellie concernant notamment le secteur automobile avec un volume d’exportation de véhicules en progression de 75000 à 95000 unités. De leur côté, les exportations coréennes à destination de l’UE avaient elles aussi progressées dans une moindre mesure.

Ce 10 juin, à l’issue de la rencontre entre les deux négociateurs, Liam Fox a déclaré que « la valeur des échanges entre le Royaume-Uni et la Corée a plus que doublé depuis l’entrée en vigueur de l’accord UE-Corée en 2011. La continuité de nos relations commerciales permettra aux entreprises du Royaume-Uni et de Corée de poursuivre leurs activités sans autre obstacle, ce qui nous aidera à augmenter encore les échanges dans les années à venir. ». En 2018, 99% des exportations britanniques à destination de la Corée du Sud étaient éligibles à l’annulation de tarifs douaniers. La promesse d’accord prévoit donc de sauvegarder des droits de douane inexistants sur des exportations sud-coréennes, avec en ligne de mire les voitures et les pièces automobiles. 

Quid du futur des relations commerciales britanniques ?

Conserver ces avantages apparait donc nécessaire pour le Royaume Uni, à l’aube d’une sortie sans accord de plus en plus tangible. C’est pourquoi, au sein d’un système unipolaire tournant autour des Etats-Unis fragilisés par la guerre commerciale entretenue avec la Chine, les britanniques ont désormais le choix de se tourner vers plusieurs partenaires commerciaux stratégiques tel que les pays asiatiques ou d’Europe du Nord. En effet, dans le cadre de ses préparatifs pour le Brexit, le Royaume-Uni a déjà signé des accords commerciaux avec un groupe de pays des Caraïbes, en Afrique mais également en Islande, en Israël ainsi qu’en Norvège.


En 2018, les exportations sud-coréennes en direction de la Grande-Bretagne ont atteint environ 6,4 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros), ce qui représente plus de 1% du total des exportations du pays, selon la Korea International Trade Association.

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